La vulnérabilité des Antilles françaises : défis et perspectives

La Guadeloupe et la Martinique sont considérées comme un modèle de biodiversité, mais ces territoires sont également vulnérables aux changements climatiques. Comme pour les autres îles de l’archipel des Caraïbes, l’agriculture reste un secteur essentiel pour l’économie des Antilles françaises.

Ce secteur doit également contribuer à atténuer les effets du changement climatique. Un objectif qui peut être atteint en renforçant la résilience face aux catastrophes naturelles et en s’engageant dans une transition d’une monoculture principalement commerciale vers un meilleur équilibre dans lequel l’agriculture sera plus diversifiée et durable pour satisfaire aux besoins de la consommation locale.

Les contours du territoire des Antilles françaises

Les Antilles françaises se composent de l’archipel de la Guadeloupe et de l’île de la Martinique. Toutes deux sont des îles volcaniques de la mer des Caraïbes à l’ouest, et de l’océan Atlantique à l’est. L’archipel de la Guadeloupe se compose de deux îles reliées entre elles : Basse-Terre et Grande-Terre, et de plusieurs petites îles : Marie-Galante, Les Saintes et la Désirade. L’île de la Martinique compte également une cinquantaine d’îles satellites.

La superficie de l’archipel de la Guadeloupe et de l’île de la Martinique est respectivement de 1628 km² et 1128 km². En 2018, la Guadeloupe et la Martinique comptaient respectivement 390 704 et 376 847 habitants. La densité de population des îles est de 240 personnes par km2 pour la Guadeloupe et de 334 personnes par km2 pour la Martinique.

Une économie dépendante du tourisme

Sur les deux îles, le tourisme est un secteur crucial pour la stabilité de l’économie locale, les 2 îles sont très bien desservies par les lignes aériennes internationales et par les bateaux de croisière.

En Guadeloupe, le tourisme est concentré dans le sud de Basse Terre et sur l’île des Saintes. En Martinique, le tourisme se concentre dans le sud de l’île.  Plus de 80% des touristes débarquant sur les îles sont originaires de France métropolitaine, et deux tiers restent sur les îles pour des activités de loisirs. Les touristes d’Europe et d’Amérique du Nord arrivent principalement pendant les mois d’hiver, tandis qu’en été, la zone des Caraïbes reste le principal pourvoyeur de touristes.

Un climat capricieux

L’évolution du climat crée de nouveaux défis pour les acteurs du secteur du tourisme et les autorités locales. Les ouragans se font alors plus fréquents et plus intenses, et constituent un obstacle évident au développement du tourisme. Ces caprices de la nature réduisent ou endommagent les infrastructures et les ressources naturelles dont dépend le secteur du tourisme.

Le changement climatique peut avoir des répercussions sur la santé et la sécurité publique (augmentation de la dengue par exemple), et accroître les risques naturels, tels que les inondations et ouragans. Ceux-ci ont une incidence négative évidente sur la perception des touristes potentiels des Antilles.

Le dynamisme de l’agriculture en Guadeloupe

L’agriculture reste historiquement, socialement et culturellement importante pour l’identité de la Guadeloupe. L’agriculture utilise environ 30% de toutes les terres disponibles de l’archipel guadeloupéen. La taille des exploitations varie de moins d’un hectare à plus de 100 hectares.

La production agricole de la Guadeloupe est dominée par la canne à sucre et la banane. Le groupe  GJG via son pôle agricole est un acteur central du marché de la production de canne à sucre et de bananes. La prédominance de ces cultures est un héritage de l’époque coloniale. La plupart des produits de la canne à sucre (60%) et des bananes en tant que fruits (95%) sont exportés vers la France.

Le statu quo agro-exportateur repose sur la concentration de la production entre les mains d’oligarchies foncières. Celles-ci bénéficient d’accords qui protègent leurs intérêts par des quotas ou des droits d’accès au marché français, aujourd’hui fragilisé par la mondialisation.

Ce modèle économique, entretenu par la rente agricole (aides financières européennes et nationales), se traduit également par une faible diversification des productions. Les légumes, fruits, tubercules et fleurs produits en Guadeloupe (même situation qu’en Martinique) ne contribuent qu’à hauteur de 25% aux besoins de la consommation locale.

Les choses sont peut-être en train de changer : les autorités locales ont pris un virage pour soutenir la mise en œuvre concrète de l’agro-écologie. L’objectif étant d’aider Les petits exploitants et l’agriculture familiale pour leur permettre de bénéficier des nouvelles politiques agricoles et gagner plus de part de marché. Ces prochains mois seront décisifs pour confirmer cette tendance.